Quel constat tirer du Renaissance de Laurier Québec?
Le 27 mars dernier, une première s’installait à Québec. La boutique Renaissance, célèbre chaîne de mode seconde main, faisait son arrivée dans le centre commercial de Laurier Québec. Deux mois plus tard, que doit-on retenir du succès d’un tel commerce?
Le premier constat est clair: la succursale Renaissance de Laurier Québec n’attire pas simplement un type de personne. Elle attire tout le monde.
Depuis son ouverture, cet emplacement de la chaîne de seconde-main a accueilli plusieurs curieux, tout comme elle a attiré quelques habitués. «On reçoit des jeunes du secondaire et du cégep, des gens qui viennent pour des raisons économiques, des habitués du seconde-main, des gens qui viennent tout simplement pour nous découvrir et finalement des gens qui viennent pour chercher des trésors», indique Fabrice Protat, gérant de la boutique et employé de Renaissance depuis cinq ans.
Une offre qui «en vaut la peine»
Méganne et Mélina, deux adeptes des friperies, ont fait le même constat sur place. Elles qui font souvent leurs achats dans des friperies comme le Village des Valeurs sont restées surprises. «Les gens que j’ai vus ici, ce ne sont pas les mêmes que dans les autres friperies. Il y a plus de jeunes», constate Mélina. «Des jeunes qui viennent en groupes de dix personnes, tu ne vois jamais ça au Village des Valeurs», ajoute Méganne.
Méganne et Mélina croient toutes les deux qu’une succursale comme celle-ci rejoindra de tous nouveaux clients, comme Annick. Elle qui visite la succursale pour la première fois, Annick se réjouit de ce nouveau modèle. «En même temps de faire ton vrai magasinage, tu viens à la friperie. J’aime beaucoup le concept», dit-elle.
Avec cette nouvelle succursale, Renaissance maintient tout de même un roulement de ses clients habitués, comme Loïc.
Âgé de 19 ans, ce passionné des friperies y magasine surtout pour les prix avantageux. «J’ai au moins cinq manteaux qui sont des fripes», dit-t-il aux côtés de ses amis Léo, 22 ans, et Justin, 20 ans. «Lorsque je paie des manteaux 50$ au lieu de 300$ ou même 400$, ça en vaut la peine.»
Loïc a bien peur qu’il devra bientôt partager son amour pour le seconde-main avec plusieurs autres personnes. «Il y a tellement de monde, c’est blindé», admet-il. «Ça enlève un peu le branding des friperies lorsque c’est accessible dans un centre commercial comme ça.»
Du branding pour tout le monde
Ce branding dont Loïc parle fait d’ailleurs partie des nouvelles mesures adoptées par cette nouvelle succursale. Dès l’entrée, la disposition des items est semblable à celle employée par l’occupant précédent du local, La Baie. «Les gens sont surpris quand ils rentrent. On entend plusieurs gens dire qu’ils ne sentent pas du tout qu’ils sont dans une friperie,» indique Fabrice Protat.
Selon Lolitta Dandoy, chroniqueuse mode et experte en seconde-main, l’objectif derrière cette disposition est très clair: Renaissance souhaite que ses clients ne se sentent pas dans une friperie, mais bien dans une boutique comme une autre. «Je pense que les gens peuvent juste être agréablement surpris de l’offre, de la qualité et de la propreté de ce qu’ils trouveront», dit-elle. La chroniqueuse compare d’ailleurs le modèle à celui de Winners, où des produits hors-saison sont offerts dans une disposition aléatoire.

Jusqu’à 2000 nouveaux morceaux par jour
Bien que la succursale se démarque des autres friperies, elle partage tout de même un point en commun avec elles: sont roulement de vêtements. «Les friperies sont toutes dans la même situation, elles reçoivent maintenant trop de vêtements», s’exprime Lolitta Dandoy.
Avec des livraisons quotidiennes, le Renaissance de Laurier Québec ajoute en moyenne 1500 à 2000 nouveaux items par jour sur son plancher. «Je ne pense pas que les gens comprennent le volume de vêtements qui roulent à chaque jour,» insiste la chroniqueuse.
Un modèle qui gagne du terrain
Malgré qu’il s’agit d’une première pour la Ville de Québec, ce modèle de friperie n’a pas dit son dernier mot.
À Boisbriand, par exemple, la Ville accueillera son tout premier centre commercial voué entièrement au seconde-main l’an prochain. Lancé par la coop Tricentis, ce projet réunira jusqu’à 20 boutiques de seconde-main.
«Avec l’offre du centre commercial, le seconde main devient une option normale», observe Lolitta Dandoy. «C’est très révélateur de ce qui se passe en ce moment avec le seconde main. Tout ça est indicateur qu’on se dirige dans le bon sens.»