Plusieurs syndicats et organisations ont salué, mais critiqué, l’annonce faite par le Premier Ministre Mark Carney conjointement avec la Première Ministre Christine Fréchette mardi, à Longueuil. Sommairement, le Québec recevra 10 G$ du fédéral pour ses infrastructures, dont une grande majorité servira à financer les transports en commun.
Tout d’abord, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a réagi positivement, mais avec nuance, à l’annonce. La centrale syndicale soulève plusieurs questions restées sans réponse et estime que les sommes promises demeurent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.
« Il était temps que le fédéral et le gouvernement du Québec s’entendent pour mieux financer le transport collectif. Il est urgent d’investir davantage tant pour développer de nouveaux projets que pour entretenir les infrastructures existantes », a déclaré la présidente de la CSN, Caroline Senneville, suite à l’annonce.
Bien que l’annonce gouvernementale a mentionné trois grands projets, soit le tramway de Québec, la ligne bleue du métro de Montréal et le tramway de Gatineau, la CSN déplore que de nombreux investissements jugés urgents n’aient pas été inclus dans cette entente, dont le renouvellement des trains AZUR de Montréal.
La CSN estime également que les sommes allouées aux infrastructures municipales sont insuffisantes, alors que le déficit d’entretien des seules infrastructures municipales québécoises est évalué à 50 milliards de dollars.
Une «lenteur» de la part du gouvernement
Le Syndicat Canadien de la Fonction Publique (SCFP) critique quant à lui la lenteur du gouvernement provincial à aller chercher ces fonds fédéraux, disponibles dès 2024. « Nous vivons une inflation, surtout en construction, historique! Pourquoi la CAQ a-t-elle pris deux ans pour aller négocier cet argent? On est la seule province encore exclue du nouveau programme fédéral », a dénoncé Fanny Demontigny, secrétaire générale du SCFP.
Selon le syndicat, ce délai a eu des conséquences directes : les mêmes projets auraient pu être réalisés à moindre coût si les négociations avaient été menées en temps opportun. Le Québec se retrouve ainsi dans une position désavantageuse par rapport aux autres provinces canadiennes, qui ont déjà intégré le nouveau programme fédéral.
Le SCFP critique également la nature des dépenses prévues, en déplorant qu’aucun montant ne soit prévu pour le maintien et l’entretien des infrastructures existantes, ni pour combler les déficits accumulés par les sociétés de transport.
« Pas d’argent pour l’exploitation. Aucun budget supplémentaire pour absorber les déficits passés et prévisibles pour les deux prochaines années. Présentement, cette situation crée des coupures de service sur les réseaux. Ce n’est pas comme ça que l’on va convaincre les automobilistes de délaisser leurs voitures », a conclu Katherine Bouclin, présidente du Conseil provincial du secteur transport terrestre (CPSTT).
Des investissements «insuffisants»
Trajectoire Québec, organisme consacré à la promotion des droits des citoyens en matière de transports collectifs, souligne que les sommes annoncées ne suffiront pas à combler l’ensemble des besoins. L’organisme note, entre autres, qu’il faudra continuer à trouver des solutions pour entretenir les infrastructures existantes.
Selon un récent sondage Léger cité par Trajectoire Québec, pas moins de 78 % des répondants souhaitent que le service et la fréquence des réseaux de transport en commun soient améliorés. Par ailleurs, 75 % d’entre eux désirent que les nouveaux logements construits dans les villes et banlieues soient desservis par un réseau de transport collectif et actif.
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